Biographie

 

 

Victoire de la Musique 2010 pour son enregistrement d’œuvres pour piano de Mendelssohn sur un Broadwood de 1840 et pionnier d’une approche historiquement informée sur instruments d’époque (Liszt/Erard en 1986, Chopin/Pleyel en 1992, Beethoven/Schanz en 2003…), Cyril Huvé a d’emblée ressenti le goût de se nourrir des multiples formes adoptées par le piano et d’interroger le sens des œuvres au travers des claviers que l’histoire a offerts à l’imaginaire des compositeurs. Cette approche de l’interprétation s’est formée au cours de ses années d’études avec Claudio Arrau : le pianiste chilien, lui-même élève d’un élève de Liszt, lui transmettra au fil des ans un héritage essentiel et verra en lui « l’un de (s)es meilleurs continuateurs ».

Son dernier album, « Opus 102 », vient de paraître chez Evidence Classic : Si l’Opus 102 est à la fois le nom du piano et celui du nouveau disque de Cyril Huvé, c’est bien parce qu’il y propose un programme de récital particulièrement adapté au potentiel de ce piano du futur conçu en 2015 par Stephen Paulello. (la Sonate de Liszt, Debussy, Scriabine)

Cyril Huvé s’est produit dans de nombreux festivals en France -  Montpellier, La Chaise-Dieu, Clisson, Piano en Valois, Aix-en-Provence, Les Soirées Romantiques du Rayol…- en Europe - Londres, Oxford, Prague, Tchécoslovaquie, Géorgie, aux Nuits pianistiques de Moldavie, au Japon, en Amérique du Sud - Bolivie, Mexique, Chili, Brésil - Il a joué en soliste avec des orchestres tels que la Staatskapelle de Dresde dirigée par Hans Vonk, The Orchestra of the Age of Enlightenment avec Sir Roger Norrington, l’Orchestre Philharmonique de Liège sous la direction de Pierre Bartholomée, l’Orchestre de l’Île de France dirigé par Pierre Dervaux, les musiciens de l’Orchestre National de France sous la direction de Didier Benetti, le Paris Mozart Orchestra avec Claire Gibault, l’Orchestre Pelléas et Benjamin Levy. Il accompagne fréquemment le baryton François Le Roux et de nombreux chanteurs ou chambristes.  

D’abord titulaire d’une classe de piano au Conservatoire de Dijon, Cyril Huvé a ensuite longtemps enseigné comme assistant de la classe de Gérard Frémy au CNSM de Paris. Il intervient actuellement auprès des étudiants des classes de piano du CNSM pour un cycle de cours d’interprétation sur les instruments du Musée de la Musique, « le piano au fil du temps ». Cyril Huvé a lui-même été formé par le pianiste André Krust avant de rejoindre la classe de Dominique Merlet et de Jeannine Vieuxtemps au Conservatoire de Paris, puis de bénéficier de l’enseignement de Gÿorgÿ Cziffra au sein de sa Fondation. Il avait parallèlement étudié les Lettres Classiques en khâgne et passé une licence de Philosophie à l’Université de Nanterre. Il a créé et produit un programme d’archives de l’interprétation sur France-Musique, les « Vieilles Cires », puis créé les Rencontres d’Arc-et-Senans et de Cluny où il a partagé son amour de la musique de chambre avec des musiciens tels que le légendaire Marcel Moyse, Martha Argerich, Maurice Bourgue, André Cazalet, Jean Mouillère, Gérard Caussé, Thierry Caens, le Quatuor Talich, Eckart Haupt…

Cyril Huvé a rassemblé en Berry, au Pays de George Sand, sa collection de pianos historiques dans la Grange aux Pianos où il anime des séminaires de recherche, master-classes et concerts de musique de chambre. Ses enregistrements ont été salués par la critique qui lui a décerné un Choc du Monde de la Musique pour les Paraphrases sur Verdi de Liszt et un Choc de Classica pour son album Mendelssohn. Son premier disque, une anthologie Busoni chez Erato vient d’être ré-éditée, et sa discographie comporte également les Ballades et Scherzi de Chopin sur pianoforte Pleyel et Erard (EMI), les Trios pour violon, cor et piano de Brahms et Ligeti avec André Cazalet et Guy Comentale, les 10 Sonates pour violon et pianoforte de Beethoven avec Jorja Fleezanis, l’Intégrale des lieder de Liszt où il accompagne cinq chanteurs : la soprano Donna Brown, la mezzo Gabriele Schrekenbach, les ténors Ernst Haefliger et Guy de Mey, le baryton Philippe Huttenlocher – ou encore l’Album d’un Voyageur et les Carnets d’un pèlerin de Liszt, ainsi que les Mélodrames Romantiques de Schubert, Schumann et Liszt avec le comédien Daniel Mesguich.

Il a traduit et préfacé en compagnie de Didier Alluard les Chemins vers la Nouvelle Musique d’Anton Webern (Editions Lattès) ou dialogué avec Pierre Bourdieu (in Questions de Sociologie, Editions de Minuit). Un chapitre lui est consacré dans l’anthologie de Catherine Lechner-Reydellet, l’École française de piano (Editions Aedam musicae 2015).